Il faut gagner la bataille de Verdun

  • Titre : Il faut gagner la bataille de Verdun
  • Auteur : Catherine Cuenca
  • Editions : Oskar Editeur
  • Collection : Suspense, 10 jours pour changer le monde
  • Date de parution : 28 novembre 2016
  • Nombre de pages : 184
  • ISBN : 979-1-0214-0531-8

L'auteur

Née en 1982 à Lyon, Catherine Cuenca est une auteure jeunesse, passionnée d'histoire. Son premier roman historique, La marraine de guerre, paru en 2001, a rencontré un grand succès. Aujourd'hui elle vit toujours en région lyonnaise où elle se consacre à l'écriture.

Catherine Cuenca

( Clic sur la photo pour accéder au site de Catherine Cuenca )

Quatrième de couverture

Décembre 1916

Benoît et Max, deux adolescents, sont pris dans la tourmente de la Grande Guerre, sur le front de Verdun. Benoît, le Français, est brancardier. Max, l'Allemand, est cuisinier.

Une offensive décisive se prépare. Dans moins de dix jours, quand les Français donneront l'assaut, Max et Benoît se retrouveront face à face, dans la boue, au milieu des blessés et des morts. Qui gagnera ? La tension est à son comble et le compte à rebours a commencé...

Et puis le jour J est arrivé.

Mes impressions

Les héros de cette histoire sont deux adolescents, Max l'Allemand et Benoît le Français, qui se retrouvent pour des raisons différentes sur le front, à Verdun en 1916, et donc face à face. 

Le choix de ces personnages est judicieux, même s'il est audacieux, car il permet à l'auteure de mettre l'histoire (et l'Histoire) à la portée des jeunes lecteurs, leur donnant ainsi l'opportunité de "vivre" cette bataille à travers les yeux de Max et Benoît.

Tout commence dans un petit village près de Verdun, où Benoît s'apprête à "fêter" ses treize ans avec sa grand-mère Jeanne, chez qui il vit. Verdun tout près, les bombardements font rage. La maison est touchée. Se retrouvant seul, secouru par des soldats, le jeune garçon décide de les suivre. De son côté, Max, en Lorraine allemande, a déjà perdu son père et son grand frère Hans dans cette guerre. Sa mère n'a de pensées que pour eux, et Max décide de partir vers le front, pour lui prouver que lui aussi est courageux. Les deux adolescents, grâce à leur ténacité, à quelques concours de circonstances et surtout grâce à l'effervescence ambiante, réussissent à s'immiscer parmi les troupes. 

Ainsi, de chapitre en chapitre, l'histoire alterne entre le jeune Français et le jeune Allemand, entre le camp français et le camp allemand, jusqu'à la bataille de Verdun, jusqu'au moment où les deux camps vont s'affronter, où les deux jeunes vont se retrouver face à face. Le lecteur se retrouve alors "au coeur des combats" dont la description est vraiment bien faite. Le vocabulaire employé est très précis, que ce soit dans la description des armes utilisées ou dans la façon dont s'expriment les soldats. 

Un récit qui se lit bien, dans lequel à travers les humeurs de Max, on retrouve l'état d'esprit des troupes, qu'elles soient françaises ou allemandes. Cette grande motivation du début, l'idée que tout ira très vite, puis la peur effroyable et enfin la lassitude, l'extrême fatigue et le dégoût de réaliser que sa vie vaut si peu...

Une originalité que j'ai appréciée, les deux derniers chapitres sont en double, il y a un "Jour J bis" et un "Epilogue bis", introduits par la question : "Et si le jour J avait été différent? L'Histoire n'est jamais écrite d'avance..." Je n'en dis pas plus !

Merci aux éditions Oskar pour cette découverte. 

 

*****

p.81 " Roulé en boule sur une paillasse, au fond du poste de secours, Benoît avait connu une nuit peuplée de cauchemars. Chaque fois qu'il fermait les yeux, il se représentait Félix et Angelin étouffés sous une congère, le corps lardé de blessures horribles, telles que celles qu'Antonio s'efforçait de soigner, sans toujours y parvenir ... Au petit matin, n'y tenant plus, il était parti. Emmitouflé dans une capote aux pans coupés, il avait pris tout seul la direction de l'ancien champ de bataille, vers les premières lignes. La boue gluante qui s'attachait à ses brodequins l'avait considérablement ralenti. Peu avant midi il s'était engagé dans un boyau fraîchement aménagé au milieu des trous d'obus. Il y avait retrouvé les trente derniers hommes de la 15e compagnie, transformés en blocs de boue, paralysés par le froid, le corps agité de quintes de toux, brûlants de fièvre pour certains. Mal en point mais vivants !"