La cigale du huitième jour

  • Titre : La cigale du huitième jour
  • Auteur : Mitsuyo Kakuta
  • Traduit du japonais par : Isabelle Sakaï
  • Editions : Actes sud
  • Date de parution : 2015
  • Nombre de pages : 343 
  • ISBN : 978-2-330-04819-8

L'auteur

Mitsuyo Kakuta, née le 8 mars 1967 à Yokohama, romancière japonaise, a tout d'abord publié des livres pour la jeunesse. Avec son roman intitulé Celle de l'autre rive, elle obtient le prestigieux prix Naoki. Après La maison dans l'arbre, La cigale du huitième jour fut au Japon un immense succès.

 

Mitsuyo Kakuta1

Quatrième de couverture

Une jeune femme court dans les rues de Tokyo, un bébé dans les bras. Cette enfant n'est pas la sienne ; sans préméditation, elle vient de la voler.

Dès lors, la vie de Kiwako n'est plus qu'une longue cavale à travers l'Archipel. Paniquée à l'idée de se faire repérer, elle change toujours plus vite d'endroit et d'identité, emportant l'enfant dans l'instant, la déracinant chaque fois plus violemment.

Et pourtant, tout demeure absolument doux entre la jeune femme et la petite. Etrangement, la complicité qui s'installe entre elles ne cesse de s'intensifier, la peur et l'insécurité n'entament pas ce bloc de tendresse, cette harmonie dans laquelle nul témoin ne peut déceler la moindre faille.

D'une efficacité au suspens remarquable, ce livre a immédiatement été adapté au cinéma tant l'intrigue et la force de ses personnages semblaient faites pour l'image. Mais au-delà de la tension et de l'angoisse, derrière ce road-movie d'une jeune femme en quête de bonheur filial s'éploie une indéniable poésie.

 

 Mes impressions

Quand j'ai reçu ce livre, je n'en connaissais ni l'auteure, ni le sujet. Peut-être ne l'aurais-je jamais lu s'il ne m'avait été proposé de le faire. C'eût été un tort! L'histoire commence très fort. Avec le "vol" du bébé, le lecteur est tout de suite dans l'action, emporté avec la narratrice dans la cavale qui s'ensuit. Elle n'a bien sûr pas volé ce bébé au hasard, elle se persuade d'ailleurs tellement elle-même que ce bébé est le sien, que parfois le lecteur en est troublé, ne sait plus vraiment (en tous cas en ce qui me concerne!)

Ce qui m'a frappée à la lecture de cet ouvrage, c'est que je me suis à maintes reprises surprise à souhaiter que cette voleuse d'enfant ne soit pas démasquée, que sa fuite ne soit jamais stoppée. Le sera-t-elle avant la fin du roman d'ailleurs? A vous de le découvrir!

D'autres caractéristiques de cette histoire sont l'originalité de sa construction et la légèreté de l'écriture, presque de la poésie. Le livre est en effet composé de seulement deux chapitres. Je suis très tentée d'en dire plus en ce qui concerne la construction du roman, mais je crains que cela n'enlève du charme à la lecture, je me tais donc...

Le contraste entre l'acte commis, impliquant une perpétuelle fuite et la manière très calme, douce, poétique dont l'histoire est contée, est intéressant, il lui donne du relief. L'auteure sème sans cesse des indices, nous donne envie d'aller plus en avant, sans nous donner pour autant la solution, ce qui donne réellement une impression de fuite constante, on veut toujours en savoir plus. Cette cavale, que l'on vit avec la protagoniste, donne au lecteur l'occasion de découvrir certains paysages du Japon, ce qui ne fut pas pour me déplaire.

Après avoir refermé ce roman, je n'avais pas envie de quitter les personnages, j'aurais aimé les accompagner encore un peu...en connaître un peu plus sur leur avenir. Mais cela fait partie de la subtilité de l'auteur, de ne pas tout nous dévoiler, de nous laisser une part de rêve, d'imagination.

Pour conclure, une histoire troublante, parfois déstabilisante, qui ne laisse pas le lecteur indifférent. Si vous lisez ou avez lu ce roman, n'hésitez pas à me donner votre point de vue!

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