Le casque d'Opapi

 

  •  Titre : Le casque d'Opapi
  • Auteur : Géraldine Elschner
  • Illustrateur : Fred Sochard
  • Editions : L'Elan vert et Canopé Editions
  • Collection : pont des arts
  • Date de parution : 13 mai 2014
  • Nombre de pages : 32
  • ISBN : 978-2-84455-305-8

L'auteur

Géraldine Elschner est née dans le nord de la  France, d'un papa allemand et d'une maman française d'origine belge. Après des études d'allemand et de lettres à cheval entre la France et l'Allemagne, puis une formation de bibliothécaire, elle a tout d'abord traduit des livres avant de se mettre à écrire elle-même des histoires. Je vous conseille d'aller lire sa sympathique biographie sur son site, en cliquant sur la photo ! Vous pourrez aussi y consulter son importante bibliographie. 

Géraldine Elschner

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L'illustrateur

Né en 1966, Fred Sochard a grandi à Nantes. Après une formation à Paris (Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs) il vit maintenant en Anjou, d'où il illustre de nombreux ouvrages jeunesse.

Fred Sochard

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Quatrième de couverture

Le voilà maintenant chez moi, tout rouillé par le temps, tout noirci par la terre dans laquelle il a dormi si longtemps. Je plantais un petit chêne dans la prairie quand ma pelle la réveillé ce matin... C'était un casque, un vieux casque de soldat de 14-18.

Papi m'a alors raconté la guerre.

Mes impressions

Je suis ravie de retrouver cet album, quatre ans après l'avoir découvert avec ma classe alors que nous participions à un concours dans le cadre de la commémoration du centenaire du début de la première guerre mondiale. Un grand merci aux éditions de l'Elan vert ! 

Ce livre est tout un symbole. Tout d'abord, il est issu de la collection "Pont des arts", il s'articule donc autour d'une oeuvre d'art, à savoir : La partie de cartes de Fernand Léger.

La partie de cartes

Fernand Léger, lui-même soldat, a peint ce tableau pendant la guerre en 1917. Il représente une partie de cartes entre poilus dans un abri. Les soldats ne sont plus des hommes, mais des robots.

Dans Le casque d'Opapi, tout au long de l'histoire, si l'on est attentif aux illustrations de Fred Sochard, on s'aperçoit que peu à peu, au fur et à mesure que l'on raconte la guerre, les soldats se désarticulent, n'ont plus de figure humaine, ont "des tuyaux à la place des membres". 

Outre le fil conducteur qu'est le tableau de Fernand Léger, l'album recèle d'autres trésors. Un petit garçon, en vacances chez son grand-père français, en creusant dans la terre pour y planter un petit chêne (trouvé au bord du Rhin chez son grand-père allemand), découvre un casque datant de la première guerre mondiale. Commence alors le récit du grand-père, qui répond aux interrogations de son petit-fils. Celui-ci réalise peu à peu que ses deux arrière-grands-pères, l'un français et l'autre allemand, ont combattu pendant la grande guerre. 

 

Le casque d'Opapi 1

Le casque d'Opapi 2

C'est un bel hommage qui est rendu aux soldats français et allemands, le petit garçon emporte le casque avec lui et lui donne le nom du "casque d'Opapi" (Opa signifie grand-père en allemand). 

Après l'histoire figure le tableau de Fernand Léger sur une double page, puis une seconde double page d'explications est proposée aux enfants désireux d'approfondir le sujet.

L'auteure, elle-même franco-allemande, a repris pour ce récit les prénoms de ses deux grands-pères, ce que je trouve très touchant. Le travail de l'illustrateur est aussi à souligner, le contraste est saisissant entre les illustrations très colorées et joyeuses de la vie du petit garçon et celles beaucoup plus sombres et graves de la guerre, où les soldats finissent par ressembler aux "Poilus-robots" de Léger.

Le casque d'Opapi 3

Une très belle réalisation, un riche outil de travail pour les enseignants (il est d'ailleurs co-édité avec les éditions Canopé) mais aussi un livre pour expliquer aux enfants en famille. J'ai beaucoup aimé toute la symbolique qui se dégage de cette belle histoire : le chêne trouvé en Allemagne et planté en France sur un ancien lieu de bataille, les soldats allemand et français qui ont une descendance commune et ont donc "mêlé leurs sangs" d'une belle façon. Cet ouvrage délivre un message de paix, tout en n'occultant pas l'horreur qu'a été la guerre, car cela il ne faut pas l'oublier. 

Quoi de mieux, en cette veille de commémoration du centenaire de l'armistice, qu'un album comme celui-ci ?

Les éditions de l'Elan vert proposent beaucoup d'autres albums dans cette collection "Pont des arts", sur d'autres thèmes historiques (couvrant toutes les grandes périodes vues à l'école), à partir d'oeuvres de nombreux artistes. Un concept qui me plaît beaucoup !

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Gros coup de coeur (depuis déjà 4 ans !)