Le sourire de la guerre

  • Titre : Le sourire de la guerre
  • Auteur : Sylvie Baussier
  • Editions : Oskar editeur, collection Court Métrage
  • Âge : à partir de 9 ans
  • Date de parution : 11 octobre 2012 (Prix du livre d'histoire de Blois 2014)
  • Nombre de pages : 64
  • ISBN : 978-2-3500-0963-6

L'auteur

Sylvie Baussier est une auteure jeunesse française, elle a écrit de nombreux documentaires (Kididocs, Questions-Réponses...) mais aussi des romans jeunesse et des albums. Elle vit en Normandie.

Baussier sylvie

(Clic sur la photo pour accéder au blog de Sylvie Baussier)

 

Présentation de l'éditeur

AMITIE, GUERRE, SACRIFICE

En 1920, Drebica, un petit village juif se retrouve du jour au lendemain coupé en deux : la Pologne s'est arrogé un côté de la rue, et la Russie, l'autre. Icek et Moshe sont désormais séparés de Lev, leur meilleur ami, par une frontière mortelle. Si on force ces jeunes gens à s'enrôler dans des armées ennemies, ils risquent de s'entretuer ! Pour éviter cette atrocité, Icek va faire en sorte d'être refusé comme soldat. Comment va-t-il faire ? L'amitié le pousse à faire un terrible sacrifice. Car non, la guerre ne pourra pas se rire de lui...

Mes impressions

Un court roman, dans lequel Sylvie Baussier parvient à nous plonger dans l'horreur et l'absurdité de la guerre sans même décrire une seule scène de combat. Une prouesse. J'ai trouvé ce roman très touchant, encore plus quand j'ai découvert à la fin qu'il était inspiré de la vraie histoire du grand-père de l'auteure. 

Ce que j'aime avant tout quand je lis un livre, outre le fait que l'histoire elle-même me transporte, c'est apprendre quelque chose. J'ignorais qu'une guerre avait eu lieu entre la Pologne et la Russie, qui se disputaient leurs frontières, juste après la fin de la première guerre mondiale.  Cette histoire se passe certes en Pologne, mais sa trame est universelle.

On y découvre un village, une rue, dans laquelle vivent de bons amis, Icek, Moshe et Lev. Dans ce village, les conditions de vie sont déjà très difficiles, les pères ne sont pas revenus de la guerre, la nourriture se fait rare. Du jour au lendemain, leur rue se retrouve divisée, coupée en deux par des barbelés, avec d'un côté Lev, de l'autre Icek et Moshe. Très vite les garçons comprennent qu'ils risquent d'être eux-mêmes enrôlés dans ce conflit. Ils devront alors se battre les uns contre les autres. Et cela, Icek le refuse. Il le refuse tellement qu'il va faire un énorme sacrifice, pour être certain de n'être pas intéressant aux yeux des "recruteurs"... 

Une histoire qui marque et fait réfléchir sur le "sens" (l'absurdité) de la guerre, sur l'importance de la paix, et qui peut je pense, être lue à plusieurs niveaux. A conseiller à tous, petits et grands !

*****

p.12 " Ils ont tailladé en deux l'unique rue du village, dans le sens de la longueur. Coupée comme un fruit trop mûr. En plein milieu, ils ont posé un savant fouillis de fils barbelés hérissés de pointes."

p.33 " - C'est le début de la résistance a remarqué Lev. Des membres de deux nations en guerre s'associent pour sauver un clébard. Attention ! Allez savoir, avec ces dingues, ça peut nous valoir la peine de mort. Ca me rappelle une histoire avec des Français et des Allemands. Ils avaient conclu une trêve à Verdun pour jouer au football ensemble. Ils s'en sont pas trop bien sortis, ceux-là. Match nul vers l'outre-tombe."

p.52 " Le lendemain j'ai tourné en rond comme un ours en cage. Rien à faire que broyer du noir. Lev me manquait. Moshe me manquait. Ma mère. Notre village. Pour un peu, j'aurais préféré être là-bas, avec les barbelés et le danger, plutôt qu'ici, à ne pas savoir que faire. Vous avez déjà attendu, vous ? Au fond, je ne savais même pas ce que j'espérais : que le jeune gars se pointe à la nuit avec Esther ? Qu'il ne vienne pas ? Une troisième solution, voilà ce qu'il fallait, mais mon esprit ne savait pas me la représenter. "