Marie Curie et Bronia Dluska Les soeurs savantes, deux destins qui ont fait l'histoire

  • Titre : Les soeurs savantes, Marie Curie et Bronia Dluska deux destins qui ont fait l'histoire.
  • Auteur : Natacha Henry
  • Editions : La Librairie Vuibert
  • Date de parution : 20 mars 2015
  • Nombre de pages : 280
  • ISBN : 978-2-311-10029-7

L'auteur

Natacha Henry est née en Normandie le 28 février 1968. Elle est diplomée en histoire contemporaine de la London School of Economics et de l'université Paris-Sorbonne.

Elle a publié huit ouvrages dont deux essais, deux enquêtes et trois biographies.

Natacha Henry

(Clic sur la photo pour accéder au site Gender Company, créé par Natacha Henry)

 

Quatrième de couverture

Sans sa soeur aînée Bronia, Marie Curie serait restée gouvernante d'enfants. Elle n'aurait jamais gagné Paris pour s'inscrire à la Sorbonne, ni épousé Pierre Curie, sans doute pas découvert la radioactivité et encore moins obtenu deux prix Nobel.
Sans Marie,Bronia Dluska ne serait pas devenue l'une des premières femmes médecins, elle n'aurait pas ouvert le meilleur sanatorium de Pologne ni dévoué autant d'énergie à ses engagements, côtoyant les esprits les plus brillants de son temps.
Entre la Pologne et Paris, de 1865 à 1939, les deux femmes ont tout partagé, ambitions professionnelles, douleurs de l'histoire, joies et drames privés. Toujours présentes l'une pour l'autre, leur relation hors du commun est une formidable leçon de vie. Travailleuses acharnées, Bronia et Marie étaient intimement convaincues que le progrès scientifique apporterait le bonheur à leurs semblables. Mais pour elles la famille passait avant tout.
C'est le portrait croisé de ces pionnières, aux destins indissociables, que raconte Natacha Henry pour la première fois.

 

Mes impressions

Ce livre, qui raconte l'histoire de Marie Curie et de sa soeur Bronia Dluska, ainsi que de leurs familles respectives, nous permet de nous plonger l'espace de quelques heures dans l'intimité des ces deux scientifiques, et d'avoir une vision plus complète de leurs personnalités. L'image que je me faisais de Marie Curie n'était pas vraiment juste et j'ai apprécié de pouvoir la découvrir sous un angle différent. En effet, au-delà de la femme austère et rigide que je m'imaginais à travers les photos et ses travaux, j'ai découvert une femme aimante, très attachée à sa famille, suivant un parcours semé d'embûches et de drames, sans jamais dévier de ses objectifs professionnels (et humanitaires). J'ignorais ce lien si fort avec sa soeur aînée, venue la première étudier la médecine à Paris, grâce à qui Marie est à son tour venue en France. Quelles femmes! Quel courage il leur a fallu pour accomplir si brillamment des études jusque-là réservées aux hommes, qui plus est dans un pays étranger, dans une langue qui n'était pas leur langue maternelle, séparées de leur famille qu'elles aimaient tant. Mener à bien ces études représente déjà un exploit. Mais elles ne se sont pas arrêtées là. Toutes deux ont mené de front vie de famille et brillante carrière. L'ultime aboutissement étant, après la création des Instituts Curie et Pasteur à Paris, celle de l'Institut du radium à Varsovie.

Cet ouvrage, qui est une mine d'informations anecdotiques et/ou historiques, m'a donné envie de chercher un tas d'autres choses, et j'ai d'ores et déjà noté de nouveaux titres à lire au sujet de Marie Curie. Lors d'un prochain passage au Panthéon, j'aurai une pensée toute particulière devant les tombes de Marie et Pierre Curie, c'est certain!

C'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai lu ce livre, relatant l'histoire de deux femmes extraordinaires, et je remercie les éditions "La Librairie Vuibert" de m'en avoir offert l'opportunité.

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Lectures associées

Marie Curie elle a découvert l'énergie nucléaire  (Xavier-Laurent Petit, l'Ecole des Loisirs, coll. Médium poche, sept.2016)

 

p.66-67 "Il y a d'abord le biberon à tube. Depuis les années 1860, il remplit le compte en banque de la manufacture Robert qui le commercialise. C'est une bouteille munie d'un long tube extérieur en caoutchouc. Les bébés adorent : comme ils peuvent l'attraper, ils tètent quand ils veulent ou le tripotent comme un jouet. Le biberon Robert rend donc le bébé autonome. Les nourrices peuvent prendre chez elles plusieurs enfants et vaquer à d'autres tâches. Elles l'ignorent, mais ce biberon à tube qui traîne dans la chaleur du berceau et se gorge de bactéries, est responsable du décès de milliers de nourrissons."

p.75 "Quand elle gagne la pension de famille où les Kowalski comptent la présenter à Pierre Curie, Marie Sklodowska ne peut imaginer qu'en pénétrant dans le salon, elle verra pour la première fois l'amour de sa vie."

p.101 "Casimir et Bronia se lancent dans des travaux colossaux. Ils vont construire le plus grand sanatorium de Pologne. Durée du chantier : trois ans. Coût : un million de couronnes autrichiennes. [...] Le sanatorium Dluski est immense, moderne et luxueux, avec de larges escaliers. Sur quatre étages, les soixante-seize chambres des patients donnent sur le sud, vers le soleil et la forêt."

p.104-105 "Quel dur labeur que de séparer les éléments, mesurer le rayonnement du fameux radioélément, avancer vers cette "substance inconnue et très active". Tout cela aboutit en juillet 1898. La jeune chimiste vient de révolutionner le tableau périodique de Mendeleïev : il faut y ajouter cet élément qu'en hommage à la Pologne de Marie, le couple Curie nomme "polonium" ."

p.107 "Le couple consigne formules et résultats, jour après jour, avec une patience devenue légendaire. Pendant quatre ans, Marie Curie fait fondre des kilos de minerai autrichien dans un grand chaudron. "Parfois, je passais toute la journée à remuer la matière en ébullition au moyen d'une tige en fer presque aussi grande que moi. Il m'arrivait d'être à la fin de la journée véritablement exténuée. D'autres fois, le travail consistait dans la cristallisation fractionnée, très méticuleuse et délicate, ayant pour but la concentration de solutions de radium.""

p.108 "Le père de Pierre, comme celui de Marie sont deux immenses piliers dans leur vie. Excellentes influences, esprits érudits, pères et grands-pères affectueux." 

p.117 "Une raison de se réjouir à la fin de cette année atroce arrive de Suède : l'intervention de Gösta Mittag-Leffler a porté ses fruits. C'est grâce à lui et lui seul que l'on ajoute le nom de Marie Curie à la liste des récipiendaires, et qu'elle devient la première femme à recevoir un prix Nobel, le 10 décembre 1903, avec Pierre Curie et Henri Becquerel, "en reconnaissance de leurs services rendus, par leur recherche commune sur le phénomène des radiations découvert par le professeur Henri Becquerel". Il n'existe pas d'honneur plus élevé."

p.121 "Le bonheur n'est-il pas de courte durée? Dix mois après le séjour à Stockholm, le ciel s'abat sur la famille Curie. [...] Vers 15 heures, Pierre Curie traverse le pont Neuf. Il n'entend pas, ou trop tard, il ne voit pas arriver à vive allure, ou trop tard, une voiture à cheval, tirée par deux percherons, masquée par un fiacre avançant dans l'autre sens. Le cocher n'a pas le temps d'arrêter son attelage et le savant glisse sous les sabots des chevaux. La roue arrière lui broie le crâne. Pierre Curie est mort à l'âge de quarante-six ans, à l'angle de la rue Dauphine et du quai des Grands-Augustins."

p.165-166 "A Paris, l'Institut, lancé en 1909, sera composé de deux laboratoires, Curie et Pasteur : "Celui de physique, pour les recherches sur les propriétés physiques et chimiques des corps radioactifs ; et celui de biologie, pour les recherches sur les applications biologiques et thérapeutiques." [...] Ce projet extraordinaire réunit donc recherche et médecine, une proximité décelée par Pierre Curie dix ans plus tôt."