Quelqu'un qu'on aime

  • Titre : Quelqu'un qu'on aime
  • Auteur : Séverine Vidal
  • Editions : Sarbacane
  • Date de parution : 26 août 2015
  • Nombre de pages : 288
  • ISBN : 978-2-84865-817-9

L'auteur

 Séverine Vidal, née en 1969, est une auteure française. Après avoir été professeur des écoles, elle se consacre à l'écriture à temps plein depuis la rentrée 2011. Elle écrit des romans pour adolescents, des albums, des BD ou des séries.

Séverine Vidal

 (Clic sur la photo pour accéder au blog de Séverine Vidal)

Quatrième de couverture

"Matt craignait le pire. Il sent sur son cou la main de son grand-père, qui prend la parole :

- Je perds la mémoire. Et ce jeune homme, assis là, il m'emmène en tournée à travers les USA pour réveiller les souvenirs enfouis. C'est pas beau, ça?

Antonia et Luke hochent la tête, ensemble, parce qu'ils sont émus, Matt le voit dans le rétro.

Gary relâche son étreinte et : 

- Qui pourrait rêver meilleur petit-fils, hein?

Matt craignait le pire et ce n'est pas ce qui est arrivé. C'est même tout le contraire."

Mes impressions

Je viens de refermer ce livre, cette jolie histoire, les yeux humides. Qu'est-ce que j'ai aimé voyager avec Gary, "Old Gary" comme l'appelle son petit-fils Matt, et puis Antonia, trentenaire un peu perdue au moment de leur rencontre, et aussi Luke, qui vient de fuguer de chez lui, pour des raisons que l'on ignore pendant toute la première partie du livre. S'ajoute à ce quartet "infernal" la petite Amber, fille "toute neuve" de Matt, que sa mère vient de lui confier pour quelques semaines, juste après lui avoir annoncé qu'il était papa depuis 18 mois.

Ce road trip qui dure deux semaines se partage en trois parties, "Texas chaos", "L'hiver derrière nous" et "Bien vivants", entourées d'un interlude et d'un épilogue. Une belle originalité, au tout début du livre, une "Bande-son"!

 

Bande-son Quelqu'un qu'on aime

Avec ce roman, l'auteure nous invite au voyage au sens propre comme au sens figuré. Cette expédition atypique nous mène de San Antonio au Texas à Reno dans le Nevada, en passant par le Nouveau Mexique, l'Arizona et la Californie.

Ayant appris que son grand-père, auquel il est très attaché, était atteint de la maladie d'Alzheimer, Matt décide de partir avec lui sur les traces d'une tournée du crooner Pat Boone, qu'il a suivie avec des amis quand il était jeune en 1958. Cela afin de faire ressurgir les souvenirs enfouis. Alors oui, les souvenirs vont revenir (pas toujours!) mais une chose est certaine, les souvenirs, ils vont s'en fabriquer, et des beaux!

Séverine Vidal a un vrai don pour amener les descriptions des ambiances, des personnages, des paysages. On a par moments l'impression d'être nous-mêmes assis à l'arrière du van, et de faire partie du voyage. Tout nous est présenté en douceur, on entre dans la vie des personnages l'air de rien, comme si on passait juste là et qu'on s'asseyait pour écouter leur histoire.

p.27 Il jette les photos par terre, d'un geste violent, balaie les papiers posés sur la table, qui retombent doucement, comme s'ils ne voulaient pas l'énerver plus."

p.44 " D'un coup de poing, il avait fait exploser la vitre de la porte en mille morceaux. Qui, en retombant, avaient produit exactement le bruit de l'amour qui meurt."

Aussi, lorsqu'ils longent la côte entre San Diego et Monterey, par la Highway one, la "plus belle route du monde" : 

p.112 "Du coup, Matt s'arrête tous les quarts d'heure, et tous les quarts d'heure la même scène se répète : il se gare, Gary sort en premier, puis Antonia et Luke les rejoignent, on prend des photos, avec Amber si elle ne dort pas.

A ce stade, les adjectifs ne servent plus à rien ; Antonia a bien tenté fantastique, Gary a recasé son époustouflant, Matt a sobrement trouvé ça extraordinaire...et finalement, depuis quelques arrêts, ils se contentent de regarder en silence." 

Beaucoup de tendresse, d'émotions, de l'amitié, de la bienveillance, de l'entraide. Le tout bien assaisonné d'humour, et quel humour! Tout lâcher pour mieux se créer des souvenirs. Un voyage pour mieux se lier, pour mieux se dire au revoir. Une belle histoire.

J'ai beaucoup aimé la grande justesse mais aussi la pudeur avec laquelle Séverine Vidal nous dit la maladie d'Alzheimer qui tue Gary à petit feu. 

J'ai aimé aussi les petits messages que Gary sème au vent, des pages arrachées de son carnet (un carnet fait au départ pour noter tout ce qu'il a peur d'oublier, mais dans lequel il notera un peu plus que ça...). Très beau symbole qui lie à la fois sa vie passée et son ancrage encore solide dans sa vie actuelle. 

 Petit clin d'oeil? Lorsqu'ils ont trouvé un B&B à Pacifica au sud de San Francisco : 

p. 131 "...époustouflant, pense-t-elle en souriant. 

A ce moment précis, la propriétaire de la petite maison bleue perchée sur les rochers surgit, lui apportant le thé qu'elle a commandé."

 

Une lecture qui fait du bien, donne envie de voyager, et d'appeler son grand-père!

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