On n'a rien vu venir

  • Titre : On n'a rien vu venir
  • Auteures : Anne-Gaëlle Balpe, Sandrine Beau, Clémentine Beauvais, Annelise Heurtier, Agnès Laroche, Fanny Robin et Séverine Vidal
  • Illustratrice : Aurore Petit
  • Editions : Alice Editions
  • Préface de Stéphane Hessel
  • Date de parution : mars 2012, 4ème impression juin 2016
  • Nombre de pages : 112
  • ISBN : 978-2874261626

Auteurs

 

 Anne-Gaëlle Balpe   Clémentine Beauvais   Sandrine Beau   Agnès Laroche 

         Anne-Gaëlle Balpe       Clémentine Beauvais             Sandrine Beau                    Agnès Laroche

 

      Séverine Vidal   Fanny Robin   Annelise Heurtier

                                Séverine Vidal                     Fanny Robin                   Annelise Heurtier

 

Genèse du texte

Un beau jour d'automne, Sandrine Beau et Séverine Vidal se sont lancé le défi de réunir 7 auteurs pour, ensemble, écrire un roman dont le thème serait : 7 familles face à l'arrivée au pouvoir d'un parti liberticide.

Elles ont contacté Anne-Gaëlle Balpe, Clémentine Beauvais, Annelise Heurtier, Agnès Laroche et Fanny Robin, dont elles aiment l'écriture, et qui ont toutes accepté avec enthousiasme de se lancer dans l'aventure. Ainsi est né ON N'A RIEN VU VENIR, un roman d'anticipation politique dont nous pourrions tous être les protagonistes, si nous n'y prenons pas garde.

 

Quatrième de couverture

Des manifestations de liesse populaire ont lieu dans tout le pays : le Parti de la Liberté a gagné les élections...

Mais, très vite, le nouveau pouvoir exclut tous ceux qui s'éloignent un tant soit peu de la norme - les "mal-habillés", les "trop-foncés", les "pas-assez-valides"... - et instaure des règles de plus en plus contraignantes : une heure de lever obligatoire pour tous, des jours de congés fixes, des choses qu'on ne peut pas dire, faire, manger ou porter...la liste des nouvelles lois et prohi-bitions s'allonge, les contrevenants sont traqués et des caméras de surveillance sont installées dans certains domiciles.

Comment en est-on arrivé là?

"On n'a rien vu venir" parle de ce qui peut arriver si l'on n'y prend garde. C'est pourquoi je considère que c'est un livre important, et je vous encourage à le lire." (Extrait de la préface de Stéphane Hessel)

 

Mes impressions

 

 Ce roman, je l'ai repéré en rédigeant la bibliographie de Clémentine Beauvais il n'y a pas longtemps. Le titre m'a tout de suite interpelée. Puis la couverture m'a happée. Puis le sujet...d'actualité! Alors je remercie vivement Alice Editions de m'avoir permis de le lire!

Il s'agit donc d'un roman d'anticipation politique, co-écrit par sept talentueuses auteures jeunesse, qui ont su merveilleusement accorder leurs plumes. A aucun moment je n'ai été perturbée lors des changements de chapitres (et donc d'auteure!). Dans cette histoire, on assiste à l'arrivée au pouvoir d'un parti prônant la liberté, le "Parti de la Liberté", qui une fois en place, abolit peu à peu les droits des citoyens, au nom-même de cette liberté.

Chaque chapitre permet de découvrir une nouvelle famille, de nouveaux protagonistes (tous vivent dans le même quartier et se connaissent). Plus on avance dans l'histoire, plus on découvre les interdits décrétés par le Parti. Et les réactions variées de la population face à ces privations de liberté. Et toujours le même constat, "on n'a rien vu venir", les gens sont stupéfaits.

Je n'ai pu m'empêcher de penser à 1984 de George Orwell en lisant ce roman, mais également de faire le parallèle avec les différents régimes totalitaires qui ont sévi ici à Berlin (la ville en est "truffée" de traces.)

Je trouve ce livre extrêmement pertinent, car il met en garde contre ce qu'il pourrait se passer non pas en s'appuyant sur le passé ("plus jamais ça") mais en imaginant ce que pourrait être le futur si nous n'y prenons pas garde.

Et puis face à toute cette absurdité, il y a aussi un message d'espoir, la Résistance, qui finit toujours par poindre et par grandir.

Un livre à offrir de toute urgence, à lire dans les classes et en famille!

*****

p.41  "Enfin, les nuanciers avaient été diffusés dans les journaux. Avec un appel à la population : "venez vous faire nuancer! Des convocations seront adressées à la population, mais les personnes qui devanceront l'appel et viendront de leur propre initiative se verront remettre des points supplémentaires dans leur Carnet du Citoyen qui leur a été délivré par le Ministère de la Droiture." Les nuanciers s'étaient répandus partout."

p.44  "Mais, évidemment, dans la semaine qui a suivi, il s'est retrouvé au chômage. Supprimés, les cirques, fermés, les théâtres, dissoutes, les compagnies et les troupes. Aujourd'hui, il faut être productif. Et produire du rire ou du plaisir, ça ne sert à rien. Point."

p.58  "Pour la première fois, son incrédulité vacille. "Remédiation positive", ça veut dire tout et n'importe quoi, et ça, justement, c'est inquiétant. Et si ses parents ne mentaient pas? Et si l'on parquait réellement les malades et les handicapés, là, derrière ces murs en toc? Non, ce n'est pas possible, pas plus qu'il n'est possible qu'un gouvernement ait imposé une chose pareille sans que le pays entier se révolte."

p.91  "Chanter à plusieurs, des vieux ou des jeunes, des moches ou des beaux, des noirs, des blancs, des cons ou pas... Chanter à en perdre le souffle, sans se soucier du regard des autres, c'était ma soupape. Avant." 

p.99  "Le moindre faux pas et toute la famille pourra prendre ses cliques et ses claques. Mais elle sera toujours la bienvenue! Ca me fait penser à ce qui est écrit dans mon livre d'histoire. 

Pourtant, le chapitre se finissait par "plus jamais ça". Ca avait l'air si évident."