Les enfants terribles de Bonaventure

  • Titre : Les enfants terribles de Bonaventure
  • Autrice : Cécile Hennerolles
  • Editions : Magnard Jeunesse
  • Date de parution : 21 août 2019
  • Age : 9-12 ans
  • Nombre de pages : 238
  • ISBN : 978-2-210-96635-2

L'autrice

Cécile Hennerolles a été enseignante et chercheuse en sciences de l'information et de la communication. Elle vit actuellement à Amiens où elle est documentaliste. Elle est autrice de trois romans ainsi que de plusieurs nouvelles. Ses ouvrages sont à retrouver aussi bien en littérature jeunesse qu'en littérature générale. 

 

Cécile Hennerolles

(Clic sur la photo pour accéder au site de Cécile Hennerolles)

 

Quatrième de couverture

Sur la petite île de Bonaventure, le héros de ce roman vit avec sa bande de copains une enfance libre et sauvage. Au programme, chaque jour : courses folles, bricolages ingénieux et exploration de criques secrètes.

Jusqu'au jour où l'annonce de la construction d'un pont vient menacer ce paradis. Bientôt, un projet de station balnéaire se profile, et les enfants sont même menacés d'être envoyés en pension pour refaire leur éducation, jugée trop fantaisiste. Pas question pour les Bonaventuriens de laisser faire : adultes et enfants organisent la résistance. Une résistance à la façon Bonaventure : foldingue et solidaire, désobéissante et incroyablement énergique !

Avertissement : 

Après avoir lu cette histoire, vous aurez envie de mettre les mains dans la boue, de courir sous la pluie et de voler comme un oiseau.

Mes impressions

Ce roman se lit comme une gourmandise. On a envie d'aller vite pour savoir la suite et parce que ça fait plaisir, mais on a aussi envie d'en garder un peu pour plus tard. Je me suis littéralement régalée à la lecture de cette histoire. Une histoire racontée à la manière de celles du Père Castor, que le grand-père raconte à ses petits enfants, installés confortablement autour de lui, prêts à boire ses paroles. Ici, ce que le grand-père raconte, c'est l'histoire de son enfance avec ses copains sur l'île de Bonaventure. Et l'aventure, dans les années 1950, sur leur île, il y en a eu ! 

L'île de Bonaventure, imaginaire, située au large des côtes de la Charente-Maritime, n'est pas sans rappeler l'île de Ré, qui a subi un sort un peu semblable avec la construction du pont dans les années 1980. 

Les enfants de Bonaventure sont des enfants qui vivent en totale liberté sur leur île, qu'ils connaissent jusque dans ses moindres recoins. Ils passent leurs journées à l'explorer encore et encore, à bricoler, à glisser dans la boue quand il pleut et à faire des cabanes. A aider leurs parents aussi. Chacun des habitants a reçu un surnom, souvent en lien avec son histoire. Autant dire que quand un non-insulaire débarque sur l'île, il n'est pas toujours le bienvenu, encore moins s'il commence -et c'est souvent le cas- à faire des réflexions douteuses sur la propreté des enfants ou sur le fait qu'ils ne soient pas à l'école.

Parlons-en de l'école. Sur l'île il n'y en a pas. Enfin si. On en a construit une après la disparition du fils Galandier. Ce dernier a quitté l'île à la mort de son père et n'est jamais revenu. On pense que sur le continent, on l'a retenu et mis dans un internat. Alors pour éviter que cela puisse un jour arriver à leurs enfants, les Bonaventuriens décident d'aménager une école sur leur île. Seulement voilà, les enfants ne sont pas toujours assidus.

Un beau jour arrive une lettre du continent, indiquant purement et simplement qu'un Député a décidé qu'un pont serait construit pour faire de Bonaventure une presqu'île. C'est alors qu'on assiste à une organisation hors normes de tous les Bonaventuriens, petits et grands, pour empêcher à tout prix la construction de ce pont. En vain. Pourant la solidarité n'est pas un vain mot sur cette île. Elle rassemblera de nouveau toute la population quand il sera question de contrer un projet de construction d'une station balnéaire en plein dans le marais de Crapaud et Grenouille. Non mais ! Entre temps, un inspecteur est arrivé par le fameux pont, afin d'inspecter l'école. Il enverra très vite une institutrice, mademoiselle Van der Slikke, qui saura faire preuve d'une douceur et d'une compréhension incroyables envers ses nouveaux petits élèves.  Cette mademoiselle Van der Slikke, elle a tout compris. Elle a une imagination débordante dès qu'il s'agit de faire réfléchir et progresser ses élèves. Elle a surtout compris qu'ils savaient déjà beaucoup de choses.

Une belle aventure, dans laquelle les maîtres-mots sont la joie, la légèreté, l'entraide et la solidarité. L'amour aussi. Et la nature. Tout ça raconté avec un humour incroyable, ça fait un bien fou. J'ai vraiment beaucoup aimé faire un bout de chemin avec les gamins de Bonaventure. Et puis l'histoire est ponctuée de jolies illustrations, comme par exemple le vélo hollandais de Mademoiselle Van der Slikke :

 

Les enfants terribles, illustration

 

 

Je verrais très bien cette histoire adaptée au cinéma et je vais de ce pas la proposer à mes élèves. Merci aux éditions Magnard Jeunesse de m'avoir soumis cette belle lecture. 

Je vous conseille d'aller visiter le site de Cécile Hennerolles, un sympathique Bonus sur Les enfants terribles de Bonaventure vous y attend !

*****

Gros coup de coeur 

p.15 "Vous êtes sans doute encore trop jeunes, mais un jour vous aurez le coeur qui se recroquevillera dans votre poitrine en repensant à l'endroit qui vous a vus grandir. On appelle ça la nostalgie. C'est un très beau sentiment, la nostalgie. Ca veut dire qu'on a gardé de jolis souvenirs dans nos besaces tout usées. On n'est nostalgique que des bons moments, vous savez, alors je vous souhaite plein de nostalgie quand vous avancerez dans votre vie. 

Je vous conseille de collectionner les bonheurs minuscules qui se glissent au fond des poches, les habitudes un peu fripées qu'on emporte dans ses valises, les fous rires mémorables qu'on ramasse sur le bord des chemins, et les petites histoires qui se chuchotent le soir au coin du feu... 

Faites ça, c'est important. Fabriquez-vous des petits bouquets de nostalgie que vous pourrez vous offrir à vous-mêmes quand vous serez devenus grands. "

***

p.94 "Ah, Charles Bronson... Vous connaissez Charles Bronson ? Quand il plissait les yeux à cause du soleil, ça lui donnait un air mystérieux incroyable. Alors moi, j'essayais de faire pareil et de plisser les yeux pour impressionner les autres avec mon air mystérieux et énigmatique, façon Far-West.

Le problème, c'est que je ne devais sans doute pas avoir le talent de Charles Bronson, car mes parents ont fini par s'inquiéter de me voir sans cesse plisser les yeux. Ils se sont imaginés que je n'y voyais rien et qu'il faudrait peut-être me faire porter des lunettes. Alors, j'ai arrêté le plissage des yeux. "