Couverture 1

  • Titre : Zappe la guerre
  • Auteur-illustrateur : PEF
  • Editions : Rue du monde
  • Date de parution : 3 septembre 1998
  • Nombre de pages : 28
  • ISBN : 978-2-912084-10-1

L'auteur

Pierre Elie Ferrier, dit PEF, est né le 20 mai 1939 à Saint-Jean-des-Vignes, en Bourgogne. Après avoir pratiqué différents métiers, de journaliste à vendeur, c'est à 38 ans qu'il écrit son premier livre, Moi, ma grand-mère. Il écrit mais illustre aussi ses livres. En 1980 paraît La belle lisse poire du prince de Motordu, son plus beau succès. 

PEF

Quatrième de couverture

Quatre-vingts ans après la Première Guerre mondiale, des soldats sortent du monument aux morts pour faire le point. Ils rencontrent le monde moderne, la télévision, un enfant...

Histoire d'histoire

Un conte d'aujourd'hui et des documents d'époque pour interroger l'histoire du monde.

Mes impressions

Cet album, maintenant devenu un classique, présente une mise en page très originale et attractive. Sur chaque double page qui raconte l'histoire, figure un petit encadré montrant un document d'époque, texte ou photo, qui lui, explique l'histoire de la première guerre mondiale.

 

Page 6

Page 7

 Un soir, à la tombée de la nuit, tous les soldats morts pour la ville de Rezé sortent du monument aux morts. Ils sont debout, "comme ils sont morts", avec leurs blessures et les difficultés qu'elles impliquent. 

p.10 " - Ch'ais plus bien lire, mon lieutenant. La mémoire ! Faut pas m'en vouloir, j'ai plus toute ma tête!" (Le soldat a le casque complètement percé de trous d'éclats et a réellement perdu une partie de sa cervelle.)

L'auteur entraîne alors son lecteur dans la course folle de ces poilus chancelants, qui redécouvrent entre l'humour et l'absurde, leur village des années après et viennent y faire une sorte d'inspection, voir si leur mort a servi à quelque chose. 

Et l'absurde, c'est ce que les soldats s'apprêtent à découvrir cette nuit-là, 80 ans après s'être sacrifiés pour leur pays. Les guerres existent toujours ! (entre autres à Sarajevo dans le cas présent)

p.18 "Et rue Vigier, une petite maison les intrigua sérieusement ; la seule dont les volets n'étaient pas fermés. Sur son toit, une sorte de fourche-rateau était amarrée à la cheminée et un feu bleu éclairait sa fenêtre."

La description qui suit est à la fois drôle et triste. Le soldat qui est chargé d'observer par la fenêtre et de rapporter ce qu'il voit à ses camarades décrit la télécommande comme étant "une petite grenade plate", quand apparaît la carte de la météo à l'écran, les nuages se transforment en gaz qui se déplacent vers l'Allemagne et les températures en nombre de morts : 

"16 Allemands gazés sur la Champagne, 18 Fritz à Reims, 23 à Marseille..."

Je trouve cet album très malin, le message est clair, teinté à la fois de vérité et d'humour pour faire passer les choses. Il offre plusieurs grilles de lecture, ce qui est toujours intéressant. Le petit encadré de "retour aux faits réels" à chaque page est instructif et permet de ne pas perdre de vue le sujet du livre.  Depuis que je l'ai découvert il y a quelques années, je ne peux m'empêcher d'y penser quand je vois un monument aux morts. 

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