Le Jardin de l'oubli

 

  • Titre : Le Jardin de l'oubli
  • Auteur : Clarisse Sabard
  • Editions : Charleston
  • Date de parution : 13 février 2018
  • Nombre de pages : 432
  • ISBN : 978-2-36812-187-0

L'auteur

Clarisse Sabard

Clarisse Sabard est née en 1984 dans une petite ville située en plein coeur du Berry. Après un bac littéraire, elle s'oriente vers le commerce. Un AVC la rattrape et elle décide de réaliser enfin son rêve : écrire. Passionnée de littérature et de voyages, elle vit aujourd'hui à Nice et se consacre à l'écriture. Son premier roman, Les Lettres de Rose, a reçu le Prix du livre Romantique, et son second roman, La Plage de la mariée, a été élu "coup de coeur" des lectrices Charleston.

Quatrième de couverture

« Peu à peu, alors que le train avançait, elle se laissa emplir par la douce certitude que, désormais, sa vie lui appartenait. Elle filait vers son destin, là où rien ni personne ne pourrait plus l'entraver. »


1910. La jeune Agathe, repasseuse, fait la connaissance de la Belle Otero, célèbre danseuse, dans la villa dans laquelle elle est employée. Une rencontre qui va bouleverser sa vie, deux destins liés à jamais par le poids d'un secret.

Un siècle plus tard, Faustine, journaliste qui se remet tout juste d'une dépression, se rend dans l'arrière-pays niçois afin d'écrire un article sur la Belle Époque. Sa grand-tante va lui révéler l'histoire d'Agathe, leur aïeule hors du commun. En plongeant dans les secrets de sa famille, la jeune femme va remettre en question son avenir.

Mes impressions

Comme dans chacun des romans de Clarisse, j'ai été happée par cette histoire dès les premières pages. Merci aux éditions charleston de m'avoir donné l'occasion de la découvrir !

Le prologue nous raconte un départ, un changement de vie, dont on comprend qu'il se situe dans le passé. Ensuite, dès le premier chapitre, nous nous retrouvons en 2014 avec Faustine, la jeune journaliste, narratrice et héroïne d'une partie de ce récit.

La suite est une alternance savamment équilibrée entre le passé et le présent, avec de part et d'autre des intrigues qui se nouent, et c'est à chaque fois un réel plaisir de retrouver soit Faustine soit Agathe, la seconde héroïne de l'histoire. 

Le village de Caussières, imaginé de toutes pièces par l'auteure, est un village situé dans l'arrière-pays niçois, inspiré par plusieurs  villages existants. Tout y est, les ruelles, les montées vertigineuses, les maisons basses, les habitants, la place du village avec son restaurant et ses petits commerces... j'ai eu l'impression de me retrouver d'un coup dans mon village provençal préféré !

Faustine y arrive donc un peu à contrecoeur (elle préfère la ville), pour son travail. Elle est accueillie par sa grand-tante Caroline et Gaby, l'amie de celle-ci. La jeune journaliste, tout en cherchant à rédiger l'article qu'elle est venue écrire sur la Belle Epoque, va peu à peu mener l'enquête sur sa propre famille. Elle découvre au fur et à mesure des informations assez étonnantes, qui lui donnent envie de creuser encore. Et nous avec !

Dans chacune des histoires de Clarisse, il existe un lien fort entre le passé et le présent, et c'est ce qui me touche. Ajoutez à cela des intrigues, un secret de famille, des héroïnes au caractère bien trempé, une touche d'histoire - ici celle de la Belle Otero et de la Côte d'Azur à la Belle Epoque - une vieille demeure abandonnée et son jardin, tous les ingrédients sont réunis pour vous faire passer un excellent moment, la recette fonctionne à merveille. Le tour de force de Clarisse, c'est qu'elle parvient, au milieu de tout cela, à distiller de l'humour, des réflexions pertinentes sur la société actuelle, mais aussi des références littéraires et musicales auxquelles j'ai été très sensible (George Sand par exemple).

Clarisse a un véritable don pour nous raconter des histoires, pour faire naître et évoluer ses personnages. Je viens de les quitter, ils me manquent déjà. 

*****

Gros coup de coeur 

p. 34 "- Quand même, quelle drôle d'époque que la nôtre. On fait croire aux jeunes filles qu'elles sont grosses si elles ne sont pas maigres, on leur promet un cancer et des artères encrassées pour chaque aliment ingurgité... De toute façon, on va forcément mourir un jour, alors autant vivre !"

p. 124 " Malgré mon optimisme affiché, je déteste avoir ce genre de conversation. Caroline a tout à fait conscience qu'elle est dans la dernière ligne droite de sa vie et, moi, effrayée par le néant que représente la mort, je serais prête à lui affirmer s'il le faut, qu'elle vivra jusqu'à trois cents ans. Pas pour la rassurer elle, non, mais pour me rassurer. Parce que je ne comprends pas comment on peut rester aussi zen à son âge, en sachant que tout peut s'arrêter d'un instant à l'autre. Comme elle me l'a dit elle-même, désormais, elle se trouve dans un moment de sa vie où l'éternité se quantifie en secondes. Et cette idée me donne le cafard."

p. 132 " - Il faut savoir s'émerveiller de ce qui nous entoure : le calme d'une forêt, le chant d'un merle. Le bruissement d'un ruisseau qui coule paisiblement. Quand on sait faire ça, les problèmes trouvent toujours une solution."

p.194 " Elle stationne en double file et je traverse pour rejoindre l'immeuble où a vécu la Belle Otero. Le bâtiment a été entièrement refait à neuf et une plaque fixée à l'entrée me confirme que c'est ici que la danseuse a passé ses dernières années. Un petit immeuble parmi tant d'autres, qui ne paye pas de mine et en dit long sur l'état des finances de la diva à la fin de sa vie."

p. 265 " Alors, pour éviter de sombrer dans l'angoisse, l'après-midi, elle se mettait au volant de sa petite Peugeot BB à deux places et, cheveux au vent, rejoignait Monaco. La terrasse du casino restait son lieu de promenade favori. Elle s'enivrait de l'odeur des fleurs et de la mer, jouissait de la vue sur le Cap-Martin. Parfois, elle poussait jusqu'aux bains du Larvotto, où femmes et enfants profitaient de la douceur du climat. Dans ce paradis azuréen, personne n'aurait pu dire que l'Europe étais en guerre."

p. 348 " J'ai pris le train jusqu'à Monaco afin de visiter les alentours du casino, cet endroit tant plébiscité par la belle Otero. Je suis allée voir ces terrasses sur lesquelles Agathe aimait flâner, partiellement transformées, depuis, en places de livraison. Il subsiste encore de ce passé une petite promenade goudronnée. Au loin, les buildings bouchent dorénavant la vue sur le Cap-Martin. Seul l'établissement de jeu semble avoir conservé son aspect d'antan. "