Simone Veil

 

Née Jacob le 13 juillet 1927 à Nice, benjamine d'une fratrie de quatre enfants, de parents juifs non pratiquants, Simone Veil est une femme politique française.

Arrêtée le 30 mars 1944 (à 16 ans) dans les rues de Nice, elle sera déportée à Auschwitz avec sa mère et sa soeur aînée Madeleine (Milou). Son autre soeur, Denise, engagée dans la Résistance, sera elle déportée à Ravensbrück. Son frère Jean et leur père seront envoyés en Lituanie.

Après la libération des camps, elle rentre en France avec sa soeur Milou, leur maman est morte un mois auparavant. Elles retrouvent alors leur soeur Denise, mais leurs père et frère ne rentreront jamais.

La veille de son arrestation, Simone Jacob avait passé les épreuves du Baccalauréat. Elle apprend à son retour qu'elle est reçue et peut donc s'inscrire à la faculté de droit, puis à Sciences-Po, où elle rencontre Antoine Veil, qu'elle épousera à l'automne 1946, elle a alors 19 ans. 

Ils ont trois garçons, Jean, né en 1947, Nicolas en 1948 et Pierre-François en 1954.

Après avoir suivi son mari en Allemagne où il était en poste et après s'être occupée de ses garçons, Simone Veil reprend ses études et devient magistrate (et non avocate comme elle le souhaitait au départ, idée qui déplaisait à son mari.)

C'est alors le début d'une carrière exceptionnelle. Sept années à la direction de l'administration pénitentiaire (de 1957 à 1964), cinq années à la Direction des affaires civiles (où elle travaille sur les droits des malades mentaux et l'adoption) Elle est ensuite nommée secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature par le Président Pompidou. En 1974 elle est nommée ministre de la Santé dans le gouvernement dirigé par Jacques Chirac et est à l'origine de l'adoption de la loi sur l'IVG (discours du 26 novembre 1974 à l'Assemblée nationale).

Elue présidente du Parlement européen, (de 1979 à 1982) elle siège ensuite à la commission juridique.

En mars 1993, elle est nommée ministre d'Etat, ministre des Affaires Sociales, de la santé et le la Ville dans le gouvernement dirigé par Edouard balladur.

En mars 1998, elle est nommée membre du Conseil constitutionnel par René Monory, président du Sénat. Elle fait partie de la haute juridiction jusqu'en mars 2007.

De 2000 à 2007, elle préside la fondation pour la mémoire de la Shoah, dont elle reste présidente d'honneur.

Le 31 octobre 2007 est publiée son autobiographie, intitulée Une vie. L'ouvrage a été traduit en une quinzaine de langues et vendu en France à plus de 550 000 exemplaires. Il a obtenu le Prix des Lauriers Verts en 2009.

Le 9 octobre 2008, Simone Veil présente sa candidature à l'Académie française au fauteuil de Pierre Messmer, qui fut également celui de Jean Racine et de Paul Claudel.

Le 20 novembre 2008, elle est élue au premier tour de scrutin par 22 voix sur 29.

Simone Veil est reçue sous la Coupole le 18 mars 2010. Sur son épée est gravé le numéro de matricule qui avait été tatoué sur son bras à Auschwitz (78651) ainsi que les devises de la République française (Liberté Egalité Fraternité) et de l'Union européenne (Unis dans la diversité)

Elle reçoit le prix Heinrich Heine de la ville de Düsseldorf en 2010 pour l'ensemble de son oeuvre.