La symphonie du hasard livre 2

  • Titre : La symphonie du hasard - Livre 2
  • Auteur : Douglas Kennedy
  • Traduction : Chloé Royer
  • Editions : Belfond
  • Date de parution : 15 mars 2018
  • Nombre de pages : 336
  • ISBN : 978-2-7144-4638-1

L'auteur

Douglas Kennedy est né à New York en 1955. Il a grandi là-bas, puis est parti en Europe (Dublin, puis Londres). En 1994, sort son premier roman, Cul-de-sac (Gallimard – Série Noire, 1998), réédité dans une nouvelle traduction sous le titre Piège nuptial (Belfond, 2008 ; Pocket, 2009). Son deuxième roman, L'homme qui voulait vivre sa vie (Belfond, 1998, 2005 et 2010 ; Pocket, 1999) connaît un succès international.

Divorcé et père de deux enfants, Max et Amelia, Douglas Kennedy vit entre Londres, Paris, Berlin et les États-Unis.

Douglas Kennedy 2

( Clic sur la photo pour accéder au site officiel de Douglas Kennedy ) 

Quatrième de couverture

Fresque à l'ampleur inédite, La Symphonie du hasard couvre vingt ans d'histoire américaine. Dans le bouillonnement social, culturel et politique des sixties-seventies, de New York à Dublin en passant par l'Amérique latine, un roman-fleuve, porté par un souffle puissant.

Pas évident d'échapper à sa famille, a fortiori quand cette dernière est en conflit permanent, avec une fâcheuse tendance à se mettre dans des situations compliquées. Alice Burns, elle, a choisi une solution radicale : mettre un océan entre elle et les siens et poursuivre ses études en Irlande.

D'abord déstabilisée par l'accueil quelque peu revêche des Dublinois, elle se surprend à prendre goût à une existence simple, plus sereine. Et sa rencontre avec Ciaran pourrait même lui laisser entrevoir la possibilité d'une autre vie.

Mais alors que résonnent les premiers échos des exactions de l'IRA, voici que resurgit une vieille connaissance, et avec elle un passé qu'Alice aurait préféré oublier à jamais...

Mes impressions

 Dans ce deuxième opus, j'ai retrouvé le suspense, les descriptions, l'atmosphère qui normalement me parlent chez Douglas Kennedy.  Alice Burns est à Dublin, où elle arrive pour étudier à Trinity College. Nous sommes immédiatement plongés dans l'ambiance étudiante irlandaise, les pubs, la Guinness, les amis et ... les intrigues. Le tout sur fond de "Troubles" du conflit nord-irlandais.

Le séjour d'Alice à Dublin ne se déroule pas sans encombre, et comme tout étudiant fraîchement débarqué, elle doit faire des connaissances, trouver un logement, apprivoiser son nouvel environnement. Tout cela est très bien décrit et l'on sent que l'auteur connaît parfaitement les lieux. 

Il est difficile d'évoquer l'intrigue sans dévoiler trop de détails. Comme indiqué en quatrième de couverture, une vieille connaissance d'Alice va resurgir et lui compliquer l'existence. Mais de qui s'agit-il? Suspense... J'ai trouvé ce "Livre 2" haletant, Alice évolue loin de sa famille, dont on apprend tout de même beaucoup de choses, notamment sur les activités de ses frères et de son père au Chili. Elle se rapproche de son frère Peter. Après pas mal de rebondissements, elle (re)trouve l'Amour, un étudiant irlandais prénommé Ciaran, séjourne avec lui chez ses parents à Belfast, ils rentrent à Dublin, programment leurs vacances à venir, tout va bien jusqu'au moment où ... la fin est explosive !

Il me tarde d'être le 3 mai pour découvrir la suite !

*****

Décidément, encore une allusion musicale qui me parle dans ce deuxième opus, cette fois c'est le Sunset, club de jazz à Paris. Ma voisine berlinoise, Susanna Bartilla, chanteuse de jazz, s'y produit régulièrement ! (Ainsi qu'ici à Berlin, où nous ne manquons pas d'aller l'applaudir dès que nous en avons l'occasion !)

p.56 " Tout ce qui m'arrivait était-il simplement le fruit des circonstances, ou avais-je, par le biais de mes choix et de mes actions, un certain degré d'incidence sur le cours des choses ? "

p.89 " L'Italie est ma plus grande passion. Si la réincarnation existe, j'aimerais passer ma prochaine vie dans le corps d'un aristocrate florentin. Parce qu'en plus de tous les plaisirs de la bonne chère qu'offre ce pays, ce qu'a dit ton professeur est entièrement vrai : le catholicisme là-bas est quelque chose de sensuel, de beau. Rien à voir avec cette idéologie de la culpabilité que l'Eglise se sent obligée d'imposer en Irlande, où l'existence est frocément une vallée de larmes. En Italie, on peut prendre la communion le dimanche matin et partir profiter de la dolce vita sans se sentir coupable. "

p.98 " Regarde autour de toi. Je suis légèrement obsédé par le style. Tu sais ce qui me plaît le plus dans le fait de pouvoir créer de la beauté chez soi ? On peut claquer la porte au nez du chaosqui règne dehors. "

p.124 " Il y a tout juste trente ans, ton père se terrait au fond d'un trou d'obus. Je sais que, pour quelqu'un d'aussi jeune que toi, trente ans, c'est une éternité. Mais quand tu attaques bientôt ta septième décennie... Le plus dur, dans la vie, c'est la vitesse à laquelle elle passe. C'est pour ça que la foi peut être d'une grande aide. "

p. 208 " Crois-moi, quand j'avais ton âge, je trouvais les années longues : entre la rentrée et le début de l'été suivant, c'était comme une éternité. Maintenant, je cligne des yeux en septembre, et voilà qu'on est en juin. "

p. 234 " Il m'a emmenée dans une petite gargote marocaine, où j'ai goûté ma première pastilla et mon premier couscous, puis dans un club de jazz appelé le Sunset où nous nous sommes installés au bar, en écoutant un Noir américain et deux musiciens français swinguer au son de ce que Peter appelait du be-bop. "

p.302-303 " Le domicile des parents de Ciaran était sans nul doute la maison la plus bibliophile que j'aie jamais visitée. Partout où je regardais, ce n'étaient que parquets sablés, murs peints d'un joli blanc cassé, confortable mobilier victorien, et des livres par centaines. Il y avait des étagères dans toutes les pièces - même dans les toilettes du rez de chaussée, où elles s'élevaient jusqu'à la citerne. L'entrée en était remplie du sol au plafond, trois murs sur quatre dans le salon comportaient des bibliothèques, et même la cuisine ne faisait pas exception. "

p. 305 " Lorsque John a digressé pour me poser des questions sur les clubs de jazz de New York, j'ai découvert qu'il était un fervent amateur de ce qu'il appelait lui-même la plus grande contribution des Etats-Unis au langage universel qu'est la musique, et qu'Anne et lui avaient, l'année précédant la naissance de Ciaran, passé l'été 1954 à Manhattan ; il avait ainsi pu écouter Charlie Parker à Birdland et Bill Evans et Dexter Gordon au Vanguard. "