Mille Hivers - Renaud de Chaumaray
/image%2F1253079%2F20250821%2Fob_c3ecc3_mille-hivers.jpg)
- Titre : Mille Hivers
- Auteur : Renaud de Chaumaray
- Editions : Le mot et le reste
- Date de parution : 22 août 2023 (parution en poche chez Folio le 26 août 2025)
- Nombre de pages : 208
- ISBN : 9782384312191
Quatrième de couverture
Sur une île privée, dans le golfe de Gascogne, Dorothée et Tortu assistent à un étrange spectacle : au lendemain d'une tempête qui les a coupés du reste du monde, un iceberg s'est échoué sur le rivage. Elle, fille unique du propriétaire, venue au chevet de son père mourant, veut se faire l'écho de ce phénomène hors norme ; lui, colosse fragile et gardien solitaire de l'île, s'inquiète de pouvoir préserver la quiétude de cette terre devenue sanctuaire. Mais c'est ailleurs que se déroulera la trame d'une histoire dont ils ne perçoivent alors que les contours. Suivront trois jours suspendus où chacun d'eux verra ses certitudes être ébranlées et son passé refaire surface. Roman de la recherche intime, Mille Hivers est une fable contemporaine qui questionne nos choix et la place que nous tentons d'occuper dans le monde.
Mes impressions
Dorothée, trentenaire qui consacre sa vie à la protection des enfants placés, revient sur l'île de son enfance afin d'assister son père mourant. Sur cette île vit également Tortu, sorte de géant protecteur, ermite et homme à tout faire. Il connaît Dorothée depuis son enfance et se retrouve parfois surpris de la (re) découvrir femme.
Sam, la mère de Dorothée, a abandonné mari et fille un beau matin sans rien dire. Et sans jamais revenir. Les laissant l'un et l'autre dans un chagrin et une incompréhension abyssaux. Quelques jours après l'arrivée de Dorothée sur l'île, se produit un événement presque surnaturel. Lors d'une de ses habituelles inspections de l'île, après une forte tempête, Tortu se retrouve face à un iceberg échoué sur la plage. Dans le golfe de Gascogne.
L'histoire se joue en quelques jours et au fur et à mesure de la fonte de l'iceberg le lecteur découvre les mystères qui lient les protagonistes de l'histoire.
L'auteur nous accompagne délicatement dans la découverte de ses personnages dans ce presque huis-clos qui se déroule sur une île privée dans le golfe de Gascogne et l'on va de surprise en surprise. Il nous raconte aussi avec ce roman l'amour inconditionnel , l'amour éternel et les rendez-vous manqués. C'est touchant. Et si bien écrit !
Pour résumer, c'est une belle histoire qui invite à prendre du recul, à se mettre à la place de l'autre. Une histoire dans laquelle s'imbriquent de façon très subtile différents thèmes importants et très actuels comme la protection de l'environnement, la relation parent/enfant, la maladie mentale, les apparences souvent trompeuses, le retour de l'homme à sa juste place face à l'immensité de l'univers. Dans ce roman la nature est un personnage à part entière.
Quelle merveilleuse découverte ! J'ai adoré cette lecture !
Retenez bien le nome de Renaud de Chaumaray car vous n'avez pas fini d'en entendre parler ! Son nouveau roman, Quitter la vallée, paraît ces jours-ci chez Gallimard et il est en lice pour le prix du roman Fnac 2025 ! Quant à Mille Hivers, il revient en ce moment également, en version poche aux éditions Folio !
Une affaire - et un auteur - à suivre donc !
p.49 "Deux émotions cohabitaient en elle : d'un côté, la tristesse brûlante de l'enfant qui ne voulait pas devenir orpheline, de l'autre, le ressentiment tenace de l'adulte qui dresse le bilan affectif d'une relation père-fille inexistante. Pourquoi tout était-il tellement complexe et nuancé ...? Pourquoi ne pouvait-elle pas simplement être frappée par un profond chagrin ou par une indifférence totale ?
Quand elle s'était enfin décidée à se lever, il s'était produit quelque chose de singulier, quelque chose qu'elle n'avait pas vu venir : elle avait décidé de faire ce que son père avait fait avant elle, elle allait se laisser dévorer par son travail."
***
p.73 "C'est un biais cognitif, reprit-il, la voix déformée par le bouchon du stylo qu'il tenait à la bouche. L'être humain a tendance à s'attendre à ce que les choses se passent bien pour lui. A penser que ça n'arrive qu'aux autres... C'est ce qui fait qu'on se lève le matin sans penser au caractère inéluctable de notre propre mort. Dans certaines circonstances, c'est un moteur formidable. Dans d'autres, c'est un frein. "
***
p.149 "Elle se demanda quand l'humanité avait commencé à foirer sa façon d'habiter cette planète. A l'époque de la révolution industrielle, du commerce triangulaire, de la maîtrise du feu ? S'était-on fourvoyés à partir du moment où l'on s'était élevés au-dessus de notre propre condition de primates ? Ou bien les organismes unicellulaires qui barbotaient dans les flaques il y a de cela plusieurs milliards d'années contenaient-ils déjà en eux leur propre échec ?"